Quelques caractéristiques

Cet article est en cours de réécriture. J’ai supprimé les paragraphes n’étant plus d’actualité au vu de mes recherches en attendant une autre version.

Le haut potentiel provient de caractères neurophysiologiques. D’un point de vue général, il s’agit d’un traitement de l’information sur-efficient. Qu’est-ce que le traitement de l’information ? Il s’agit de toute une série de processus nous permettant de percevoir le monde et d’agir en conséquence. De manière plus détaillée, nous percevons l’environnement par nos 5 sens, ensuite nous le décodons, l’interprétons, nous en tirons des conséquences puis nous répondons par un certain comportement. Chez les personnes surdouées, cette séquence d’événements est plus rapide et plus efficiente que la normale. (Petite précision : certaines personnes pourtant à haut potentiel, doutent de cette rapidité de traitement de l’information car elles ont l’impression d’être lentes, mais cette lenteur est en fait un besoin de vérifier sans cesse ce qu’elles font, un perfectionnisme). Et le simple fait de faire fonctionner son cerveau de cette manière multiplie les connexions entre les neurones (les synapses) et entraîne en retour de meilleures capacités de traitement de l’information (comme une boucle qui s’auto-alimente). De nombreuses études viennent prouver ce traitement de l’information sur-efficient. En effet, des études ont montré que la gaine de myéline qui entoure les neurones et qui assure la transmission de l’information véhiculée par ces derniers était plus épaisse chez les personnes à haut potentiel. Il en résulte donc que l’information se propage à travers le neurone plus rapidement. D’autre part, dans une étude de Grubart, la durée de sommeil paradoxal d’enfants de dix ans était aussi élevée que celui de très jeunes enfants. Or, une des fonctions du sommeil paradoxal est dévolue à la plasticité cérébrale et à la mémorisation des informations de la journée. Le nombre de neurones étant à peu près identique chez tout un chacun, ce qui différencie les individus est les connexions entre les neurones. Chez les personnes à haut potentiel, il a été observé que le nombre de synapses était supérieur. Il en résulte donc que les neurones étendent leur réseau. Le réseau conceptuel des surdoués est donc très riche. D’autres recherches ont mis en avant une maturation plus rapide des lobes frontaux, dévolus aux fonctions exécutives, c’est-à-dire au raisonnement, à la planification… à toutes les tâches qui ne sont pas routinières. Et pour finir ce tour rapide, il a été prouvé que les personnes à haut potentiel consomment moins d’énergie pour une certaine tâche en rapport aux personnes dont le Q.I. se trouve dans la norme. Elles utilisent donc un réseau de neurones mieux ciblé et sont donc plus efficaces dans des tâches « simples ».

Fonctionnement cérébral et caractéristiques cognitives du haut potentiel
 Gaine de myéline plus épaisse + propriétés membranaires des canaux  –> vitesse de conduction de l’influx nerveux plus élevé  –> + grande vitesse de transmission et de traitement de l’information
 Durée du sommeil paradoxal plus élevée + fréquence plus élevée des REM  –> néoténie de la plasticité cérébrale  –>Facilitation de la mémoire et (ré)organisation des circuits neuronaux
 Nombre supérieur de synapses et de dendrites  –> Propagation de l’info dans tous les sens et provenant de partout  –> + grand réseau associatif
 Maturation accélérée des lobes frontaux (via les potentiels évoqués cognitifs)  –> Latence + courte et amplitude + grande  –> Vitesse de transmission + attention et MdT
 Moindre consommation de glucose (énergie)  –> Réseaux de neurones mieux ciblés  –> Plus d’efficacité dans les tâches

D’un point de vue cognitif, il en résulte :

  • Une meilleure mémoire, donc une meilleure capacité à emmagasiner des connaissances, qui à leur tour favorisent des compétences verbales supérieures qui permettent de… etc…
  • Un meilleur raisonnement, qui se base sur la rapidité du traitement de l’information et donc de la mémoire de travail, et sur des données stockées en mémoire à long terme.

D’un point de vue développemental, l’acquisition du langage oral se fait très rapidement, notamment grâce à de très bonnes capacités à discriminer les sons (la conductance nerveuse particulièrement rapide permet une meilleure perception), à les répéter (maturation neuronale impactant sur le développement des praxies bucco-faciales) et à la mémoire permettant de stocker l’ensemble de ces mots. Par la suite, ces premiers mots vont permettre d’élargir le réseau conceptuel et d’aller vers plus d’abstraction qui permettra à son tour de généraliser et de saisir des concepts de plus en plus abstraits.…

Fonctions cognitives/capacités particulièrement développées chez les surdoués :

  • Vitesse de traitement de l’information (Eysenk)
  • Mémoire de travail (2,5 fois supérieure, Grubar)
  • Mémoire à long terme

D’un point de vue socio-affectif, les travaux scientifiques se font plus rares. En fait, ceux qui sont publiés proviennent d’une population issue de cabinets de psychologues ou d’institutions hospitalières. Il y a un biais évident à utiliser cette population consultante (i.e. en souffrance ou en demande de conseils) et à généraliser à l’ensemble de la population des hauts potentiels. Nous ne savons rien des difficultés socio-affectives des personnes surdouées qui ne consultent pas. En guise de métaphore, c’est comme si un médecin disait qu’une très grande majorité des personnes qui viennent le consulter sont malade. Pour autant, pourrait-on en déduire que la population entière est malade ?!
Les sujets de Terman, dans son étude longitudinale, étaient bien adaptés socialement et heureux. On a reproché à l’auteur d’avoir sélectionné dans son étude les enfants qui étaient capables de se conformer. Il s’agirait donc ici du biais inverse du précédent. Cependant, d’autres auteurs ont depuis montré que cette population n’avait pas de difficultés sociales. Récemment, Liratni, dans ses travaux de thèse, n’a pas objectivé non plus de difficultés socio-adaptatives chez des enfants à haut potentiel.

 

Nous avons vu ci-dessus que les personnes à haut potentiel possèdent d’excellentes capacités verbales. Or, ces capacités verbales sont en même temps un véritable atout pour abstraire et raisonner dans notre société et un « outil de maltraitance » envers soi. Ce sont un outil de maltraitance à partir du moment où  l’on considère nos pensées – qui sont issues du langage – comme des faits (Exemple : « je suis nul, je n’y arriverais jamais ! »).

Il va de soi que toutes les personnes à haut potentiel ne présentent pas les mêmes caractéristiques, à part les caractéristiques cognitives – sauf inhibition. Chaque personne va réagir différemment selon sa personnalité, sa résilience, la qualité de l’environnement etc…

Sources

Lubart T. (dir.), Enfants exceptionnels : précocité intellectuelle, haut potentiel et talent, Editions Bréal collection « Amphi Psychologie », Paris, 2006.

Brunel M.-L. & Cosnier J. L’empathie, un sixième sens. Presses universitaires de Lyon, 2012.