Une ou des définitions du haut potentiel ?

Et qu’en est-il de ces définitions ?

Une des définitions du haut potentiel intellectuel est que la personne doit atteindre un Q.I. total supérieur ou égal à 130 aux échelles de Wechsler. Cette définition est bien évidemment réductrice et exclut de nombreuses personnes pourtant bel et bien surdouées. Pour le comprendre, nous vous renvoyons alors vers les nombreuses pages concernant l’identification et notamment les Limites des tests.

De plus, nous empruntons depuis longtemps sans vraiment le savoir les idées de Grégoire qui précise (voir la vidéo de la conférence) que les tests de Wechsler n’utilisent que trois des huit intelligences définies par Gardner à savoir l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence visuo-spatiale et l’intelligence linguistique (ces trois types d’intelligence qui sont d’ailleurs mis en avant par l’éducation) et qu’une personne pourtant à haut potentiel peut échapper à ce test car elle aura développé une autre intelligence qui n’est pas mesurée ici.

Il semble donc injustifié d’utiliser et uniquement les échelles de Wechsler et de se limiter à un Q.I. total supérieur à 130.

Pourtant, aux États-Unis, le texte législatif de référence (Marland, 1972) décrit une personne à haut potentiel comme une personne qui possède un haut niveau de performance (potentiel ou réalisé) dans un ou plusieurs de ces champs :

  • capacités intellectuelles générales
  • aptitudes académiques spécifiques
  • capacité de pensée créative
  • capacité de leadership
  • capacité artistique
  • capacité psychomotrice

Cela va effectivement dans le sens de Vaivre-Douret (2002) qui observe dans les premières années de vie de hautes aptitudes, aussi bien au niveau cognitif qu’au niveau psychomoteur, ce qui remettrait en cause la notion de dyssynchronie de Terrassier comme élément constitutif du haut potentiel (voir partie 2.1 de Limites des tests). Si dyssynchronie il y a, il n’est que réactif à la scolarisation, ou encore encouragé par les parents dans leur éducation. Ainsi, certains enfants privilégient certains domaines – domaine intellectuel par exemple – plutôt que d’autres – domaine psychomoteur ou créatif ; et au sein de la sphère intellectuelle, ils privilégieront les mathématiques ou au contraire en feront une phobie selon le premier contact, le premier enseignant…

Certaines personnes ne reconnaîtront que le côté intellectuel, c’est-à-dire cognitif du haut potentiel, pourtant, à la base, le même degré et la même diversité d’aptitudes existent ; ce ne sont que des orientations que prennent la personne pour épanouir son potentiel.

Quant à la France et l’OMS, elles ne reconnaissent le haut potentiel qu’à partir d’un Q.I. total supérieur à 130 sur une échelle de Wechsler, ou sur une autre échelle supérieure à plus de 2 écarts type (un Q.I. total de 130 sur Wechsler signifie déjà être à plus de deux écarts type).
Pourquoi 2 écarts type ?
Tout simplement parce qu’il a été défini que la déficience intellectuelle se situait à moins de 2 écarts type, et que, « forcément » la sur–efficience intellectuelle était l’exacte opposée de la déficience. Pourtant, aucun argument scientifique ne vient étayer cette thèse. Ceci a de graves conséquences cliniques car un tel seuil arbitraire « laisse sur le carreau » de nombreuses personnes en souffrance.

 

Sources

MARLAND, S (1972). Education of the gifted and the talented : Report to Congress (Document 72-5020). Washington, DC : U.S. Government Printing Office.

VAIVRE-DOURET, L (2002). Le développement de l’enfant aux «aptitudes hautement performantes» (surdoué) : importance des fonctions neuro-psychomotrices. ANAE, 67, 95-110.

http://www.huffingtonpost.com/scott-barry-kaufman/who-is-currently-identifi_b_1184076.html